Notice: Trying to get property of non-object in /home/parkosha/masterjira.com/wp-content/plugins/ninja-popups/arscode-ninja-popups.php on line 3323
décembre 5, 2017 – Master JIRA

Your address will show here +12 34 56 78
Blockchain

Grosse nouvelle de cette fin d’année 2017 : dans une conférence télévisée le 03 Décembre 2017, le Président du Venezuela Nicolas Maduros, a annoncé la création prochaine de la cryptomonnaie vénézuélienne, le « Petro », en référence au pétrole.


Celle-ci sera basée sur les réserves de pétrole, de gaz, les stocks d’or et de diamants du pays, et servira à contourner le blocus financier auquel est soumis le pays, à savoir les sanctions économiques appliquées par les Etats-Unis depuis Août dernier et les mauvaises notations des agences économiques.


Le Venezuela est ainsi le premier pays au monde à manifester officiellement sa volonté de rentrer de plein pied dans le marché des monnaies virtuelles en tant que pays et d’utiliser les nouvelles technologies monétaires pour servir son développement économique et social. La création de cette monnaie s’accompagnera de la création d’un observatoire de la blockchain.


Mais Quelles sont les raisons qui poussent le Venezuela à se lancer ?




Très bonne question ! Plusieurs hypothèses nous viennent en tête : peut-être que Nicolas Maduro a fait un rêve comme Martin Luther King dans son fameux « I have a dream » et s’est levé un matin en criant à ses ministres : ‘allez, aujourd’hui on crée notre monnaie virtuelle, youpi !!’ ? Ou plus sérieusement, peut être que le Venezuela voit cette monnaie comme une opportunité de sortir du marasme dans lequel il se trouve via des financements étrangers ?


Petro / Pétrole




Ce qu’il faut avoir en tête c’est que le Venezuela est un pays producteur de pétrole, la plus grosse réserve de pétrole au monde, devant l’Arabie Saoudite. Ceci lui a permis de connaître des périodes très prospères, avec des PIB par tête avoisinant les 7000 dollars. La belle époque a duré jusqu’à l’avènement de Hugo Chavez au pouvoir.
En effet ce dernier a promu une politique socialiste et du presque tout gratuit, a nationalisé tous les secteurs d’activité créateurs de richesse, n’a entrepris aucune politique de production locale. Les dépenses de l’Etat étant essentiellement soutenues par les richesses au préalable accumulées et la vente de pétrole, entre 1999 et 2003 le pays connut une crise due à une chute du prix du baril du pétrole à 10 dollars, provoquant une chute du pouvoir d’achat par habitant de plus de 2000 dollars. Malgré le léger mieux de la situation économique suite à une augmentation internationale des prix du pétrole en 2001, la modification du régime de change de la monnaie nationale (le Bolivar), passant d’un taux flottant à un taux fixe a provoqué une dépréciation de celle-ci. Ajouté à cela l’instabilité politique, le PIB a connu une chute de 8%.

Au fil des tentatives du gouvernement pour redresser la barre (notamment faire marcher la planche à billets), le pays a connu des taux d’inflation record. En 2009 il était de 15%, et ceci a poussé le gouvernement Vénézuélien a dévalué le Bolivar une fois de plus.


Depuis 2014 le pays est dans une situation assez grave. Les produits de première nécessité sont rationnés, et la pauvreté augmente à cause de l’effondrement des prix du pétrole.


En 2014 une nouvelle devise internationale est lancée sur le marché, mais malheureusement elle ne rencontre pas un franc succès, car le trading en dollar de cette devise était interdit. Ceci s’explique par le fait que la réserve en dollars du pays est dangereusement basse (elle est passée de 35 milliards de dollars en 2009 à 20 milliards en 2014).


En 2015 Le déficit public du Venezuela est estimé à 20% du PIB.




La situation actuelle au Venezuela est la suivante : des réserves en dollars qui s’épuisent tous les jours, un taux d’inflation record, une pauvreté grandissante, un marché noir de change du Bolivar en dollar florissant, l’exode de la population fuyant la pauvreté vers les pays voisins (Chili, Colombie, Brésil), un climat global instable, une dette extérieure de 150 milliards de dollars. Le pays se retrouve également confronté à l’appétence de ses citoyens pour le bitcoin, qui est devenu une valeur refuge face à la perte de valeur de la monnaie nationale. En effet depuis fin 2016 le bitcoin, du fait de tous les avantages d’utilisation qu’il offre, est utilisé par les vénézuéliens pour contrer l’interdiction d’échange en devise étrangère imposée par le gouvernement.

 

Le Petro à la rescousse ?




Contourner les contraintes du système classique via une cryptomonnaie est une bonne idée. Cependant ce qui fait la particularité et l’attractivité du bitcoin, c’est le fait qu’il n’est régi par aucune autorité étatique. Les conditions de génération et d’utilisation sont libres. Or si on se fie à la politique actuelle du gouvernement vénézuélien, l’heure est au contrôle absolu. Rien ne garantit que l’interdiction d’échanger les devises étrangères avec le bolivar appliquée aujourd’hui ne sera pas étendue au Petro. Rien ne garantit non plus que l’émission de la cryptomonnaie, qui suivant le modèle du bitcoin devrait être libre, ne sera pas contrôlée par le gouvernement. Enfin, pour l’instant le seul bien que le Venezuela ait à vendre de façon pérenne est le pétrole. Or ce commerce se fait à grande échelle, pas à l’échelle du particulier. Quelle garantie les opérateurs particuliers auront-ils que la monnaie virtuelle vénézuélienne a une valeur sur le marché virtuel ? Lorsque la valeur du Petro repose sur un pétrole dont la production n’est pas garantie faute d’investissement de la compagnie nationale de pétrole vénézuélienne PDVSA. Idem pour les matières premières contenues dans le sous-sol.


Ce sont autant de challenges que le Venezuela devra vaincre pour pouvoir asseoir véritablement sa nouvelle vision économique.

N’hésitez pas à commenter et partager cet article et inscrivez-vous à notre news letter pour suivre nos réflexions sur la blockchain.

0